Les laboratoires d’innovation sociale à explorer

J’ai récemment eu l’occasion de suivre une formation au sujet des laboratoires d’innovation sociale (Social Labs) donnée par Zaid Hassan, co-fondateur de Reos Partners et de Roller Strategies, et auteur de Social Labs Revolution - A new approach to solving our most complex challenges (2014).  Bravo au NouLab qui a organisé cette formation !

Je veux particulièrement partager cette approche avec les gens qui travaillent au développement de l’Acadie.  Ce que je trouve spécialement pertinent est la place très importante qu’y prend l’expérimentation.

Les laboratoires d’innovation sociale sont une méthodologie d’engagement pour résoudre les problèmes sociaux complexes. On entend par problèmes sociaux complexes non seulement les problèmes plus traditionnellement définis comme « sociaux » tels que la pauvreté ou encore l’égalité entre les sexes, mais aussi les enjeux économiques, environnementaux et autres.

Voici, très brièvement, les 3 caractéristiques principales des Labs selon Hassan :

1. Des équipes diversifiées (comprenant de la diversité et aussi divers secteurs tel que le gouvernement, le secteur privé et les organismes à but non-lucratif);

2. Un processus itératif permettant l’expérimentation (où des solutions-prototypes sont testées)

3. Des espaces promouvant l’action systémique.

En normalisant « l’essai-erreur », l’expérimentation est une façon intelligente de déjouer la peur de l’erreur et de l’échec qui sont des obstacles énormes au développement.

Durant mes années dans le secteur associatif, j’ai de nombreuses fois fait face à la frustration de voir certaines des idées un peu plus expérimentales qui étaient celles de mes collègues ou les miennes rejetées parce qu’elles n’avaient pas déjà fait leurs preuves. Cette attitude est un bon moyen de protection pour une organisation, mais aussi, malheureusement, une excellente façon de s’assurer qu’il n’y aura pas d’innovation.  L’approche des Labs a l’avantage de légitimer l’expérimentation pour les personnes qui pourraient en douter ou avoir peur d’en prendre le risque.

Au lieu de s’inspirer des « meilleures pratiques » ou de « ne pas réinventer la roue » (combien de fois avons-nous entendu ces expressions qui semblent irréfutables?), l’approche des Labs est fondée sur un engagement réel des personnes concernées et des parties prenantes dans une démarche co-créative à visée systémique. À explorer!

Sarah LeBlanc

conseillière en changement sociale et organisationnel

chroniqueuse invité

http://www.sarahleblanc.ca

 

 

 

 

 

Amanda Hachey